Parc Livradois-Forez : que faire autour de Thiers

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Parc Livradois-Forez : que faire autour de Thiers

Le parc Livradois-Forez commence aux portes de Thiers. Ce parc naturel régional de moyenne montagne, partagé entre Puy-de-Dôme, Haute-Loire et Loire, aligne forêts profondes, landes d’altitude des Hautes-Chaumes et vallées marquées par l’artisanat. Vous y trouverez des randonnées de tous niveaux, des savoir-faire encore vivants et de nombreuses sorties faciles à faire avec des enfants.

Parc Livradois-Forez : où commence-t-il en partant de Thiers ?

Le Livradois-Forez occupe la moyenne montagne qui sépare la Limagne, à l’ouest, de la plaine du Forez et du bassin de la Loire, à l’est. Le parc s’étend sur trois départements, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Vichy, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne et Le Puy-en-Velay en sont les grandes villes d’accès.

Thiers sert de porte d’entrée naturelle. La ville domine les gorges de la Durolle, une vallée étroite qui entaille la montagne vers l’est et compte parmi les unités paysagères du parc. Juste derrière, les Bois Noirs ferment l’horizon : un massif couvert de hautes sapinières, considéré comme l’extrémité nord des monts du Forez.

Plus au sud, en remontant la vallée de la Dore, vous atteignez Ambert, la plaine du Livradois puis le Haut-Livradois, jusqu’aux abords de La Chaise-Dieu. La Maison du Parc, siège du syndicat mixte qui gère le territoire, se trouve à Saint-Gervais-sous-Meymont.

Vous cherchez une base pour rayonner à la fois vers les volcans de la Chaîne des Puys, à l’ouest, et vers le Forez, à l’est ? Thiers offre une position commode entre les deux, et notre guide pratique pour se loger et manger à Thiers recense hôtels, gîtes et campings.

Un parc naturel régional, comment ça marche ?

Un parc naturel régional n’est ni une réserve intégrale ni un parc national. La Fédération des parcs naturels régionaux le présente comme un outil créé pour protéger et mettre en valeur de grands espaces ruraux habités, une politique menée depuis 1967. Les habitants y vivent, y travaillent, y exploitent la forêt et y élèvent des troupeaux : la protection passe par un projet partagé, pas par une mise sous cloche.

Ce que prévoit le code de l’environnement

L’article L333-1 du code de l’environnement fixe le cadre. Un parc peut être créé sur un territoire dont le patrimoine naturel et culturel ainsi que les paysages présentent un intérêt particulier. Le texte lui confie plusieurs rôles :

  • protéger l’environnement et les paysages ;
  • contribuer à l’aménagement du territoire ;
  • soutenir le développement économique et social ;
  • éduquer et former le public ;
  • servir de terrain d’expérimentation pour le développement durable des territoires ruraux.

Le même article précise que la charte, c’est-à-dire le projet du territoire, est adoptée par décret pour une durée de quinze ans. Les communes, les intercommunalités, les départements et les régions qui l’approuvent s’engagent à en respecter les orientations.

Du Brugeron au label : l’histoire du PNR Livradois-Forez

Le PNR Livradois-Forez est né d’une inquiétude. D’après l’historique publié par le Parc, des élus se réunissent au Brugeron, dans les monts du Forez, le 29 novembre 1981, pour réagir au déclin démographique et économique du territoire ; le ministère de l’Environnement attribue le label en décembre 1985 et le conseil régional d’Auvergne crée le parc par délibération le 4 février 1986. Leur pari : refuser d’opposer la protection des paysages au développement économique.

Le décret de renouvellement paru au Journal officiel le 27 juillet 2013 a reconduit ce classement. Lors de cette révision, plusieurs communes de la Loire, dont Noirétable et Lérigneux, ont rejoint le parc pour la première fois. La charte adoptée pour 2011-2026 a fixé le cap pendant quinze ans, et le syndicat mixte a engagé fin 2021 l’écriture de la suivante, prévue pour 2026-2041.

Des Hautes-Chaumes aux vallées : lire les paysages du parc

Les monts du Forez, toit oriental de l’Auvergne

Selon les fiches paysages du Parc, Pierre-sur-Haute culmine à 1 634 mètres, au sommet du plus haut massif cristallin d’Auvergne, tandis que le puy de Montoncel atteint 1 287 mètres dans les Bois Noirs. Par temps clair, le panorama porte des Puys jusqu’aux Alpes. Sur les crêtes s’étendent les Hautes-Chaumes : des landes de callune, de genêt et de myrtille, longtemps parcourues par les troupeaux.

Ces plateaux gardent une mémoire pastorale forte. Chaque été, mères et filles montaient avec les bêtes dans les jasseries, des habitats d’estive où se fabriquait la fourme, pendant que les hommes restaient à la ferme d’en bas. Les laiteries des villages ont pris le relais au siècle dernier, mais le pâturage d’altitude se poursuit.

Le retrait des glaciers a laissé des vallées en auge, comme celles du Fossat et des Reblats, où des tourbières se sont installées peu à peu. Elles abritent une flore et une faune spécialisées, de la drosera, petite plante carnivore, au triton alpestre. Côté Loire, le versant oriental descend vers Montbrison, l’autre ville de la fourme.

Forêts, rivières et vallées habitées

La forêt donne au parc sa couleur sombre. Le Parc chiffre ses bois à 190 000 hectares, soit un taux de boisement de 55 % contre 35 % à l’échelle régionale, d’après sa page consacrée à la ressource forestière, mise à jour en 2025.

Les vallées racontent une autre histoire, celle de l’eau au travail. Trois secteurs structurent la découverte depuis Thiers :

  • la Durolle, vallée la plus précocement industrielle d’Auvergne, où la force du courant a fait tourner ateliers de coutellerie et papeteries ;
  • la Dore, qui se resserre entre Forez et Livradois autour d’Olliergues, bourg perché au-dessus d’un ancien méandre, puis passe sous le pont de Meymont, dit pont du Diable ;
  • la plaine du Livradois, vaste bassin où la Dore serpente entre Ambert et Arlanc, au milieu des prairies, des étangs et des alignements de grands arbres.

Ruisseau entre des rochers moussus dans une vallée boisée du Livradois-Forez

Savoir-faire : couteaux, papier et fourme

Les savoir-faire du Livradois-Forez sont nés de ses rivières et de ses estives. Thiers doit sa réputation à la coutellerie, un métier que la force hydraulique de la Durolle a fixé dans ses gorges et que notre présentation de Thiers, de son histoire et de sa coutellerie raconte en détail.

Le papier forme le second fil. Dans la vallée de la Dore comme dans celle de la Durolle, des moulins à papier se sont installés le long des cours d’eau. À Ambert, le moulin Richard-de-Bas fabrique toujours son papier feuille à feuille, à la main. Classé monument historique et labellisé Entreprise du patrimoine vivant, il se visite toute l’année et propose des ateliers d’initiation.

La fourme, enfin, relie la montagne aux bourgs. Héritière des jasseries, elle bénéficie de deux appellations d’origine protégées distinctes, la fourme d’Ambert et la fourme de Montbrison. Le bâti complète ce tableau : les maisons en pisé, montées en terre crue, forment un patrimoine que les spécialistes jugent d’une qualité exceptionnelle.

Vieux moulin en pierre au bord de la rivière, vu de trois quarts

Randonner dans le parc : itinéraires et outils gratuits

Choisir un itinéraire selon votre groupe

Arpenter le parc Livradois-Forez à pied reste la meilleure façon d’en saisir la variété. Le choix du sentier dépend surtout de votre groupe :

  • avec de jeunes enfants, une boucle courte en fond de vallée, le long d’un ruisseau, avec un pique-nique à mi-parcours ;
  • avec des adolescents sportifs, une montée vers les crêtes des Hautes-Chaumes, où le panorama récompense l’effort ;
  • entre amis, une journée dans les Bois Noirs, sous les sapinières, avec du dénivelé et des vallées encaissées comme celle de la Credogne ;
  • en groupe ou en équipe, un sentier de découverte autour d’une tourbière, plus calme, propice aux pauses et aux échanges ;
  • pour les curieux d’histoire, une balade de bourg en bourg dans la vallée de la Dore, ponts anciens et vestiges de fabriques compris.

Préparer sa sortie avec des outils gratuits

Inutile de payer un abonnement pour trouver un itinéraire. Le syndicat mixte du parc édite le portail Livradois-Forez Rando, une plateforme web gratuite qui réunit itinéraires, descriptifs, topoguides et parcours en 3D, avec des informations sur le patrimoine, les événements, les hébergements et les restaurants. Pour le reste du séjour, la Maison du tourisme du Livradois-Forez centralise l’information touristique.

Avant de partir, vérifiez quatre points :

  • la longueur et le dénivelé, à caler sur le plus jeune ou le moins entraîné du groupe ;
  • la météo en altitude, plus fraîche et plus changeante que dans la vallée de Thiers ;
  • l’eau et le ravitaillement, car les hameaux traversés offrent rarement un commerce ;
  • l’heure du coucher du soleil, surtout en automne, quand les journées raccourcissent vite.

Randonneurs vus de dos sur un sentier forestier couvert de feuilles dans les monts du Forez

Sorties en famille : idées pour tous les âges

Découvrir le Livradois-Forez en famille demande surtout de varier les plaisirs entre marche, visites et pauses gourmandes. Quelques idées qui fonctionnent bien avec des enfants :

  • l’atelier d’initiation du moulin à papier d’Ambert, pour repartir avec sa propre feuille ;
  • le train touristique qui circule en saison entre Ambert et La Chaise-Dieu, sur la voie ferrée qui traverse le parc, exploité par Agrivap ;
  • une balade vers la vallée glaciaire du Fossat, espace naturel sensible, pour observer les plantes des tourbières ;
  • la cueillette de myrtilles sur les hauteurs en fin d’été, avec une fête dédiée au col du Béal à la mi-août.

Les jours de pluie, le plan B se trouve à Thiers même : bowling, laser game ou escape game se combinent facilement avec une matinée au grand air, comme le montre notre sélection d’activités indoor à Thiers et dans ses environs. Pour élargir le programme au reste du département, volcans compris, parcourez nos idées de sorties en famille dans le Puy-de-Dôme.

Quand visiter le parc et quels réflexes adopter ?

Chaque saison change le visage du parc Livradois-Forez, et aucune n’est à écarter :

  • au printemps, les prairies reverdissent, les ruisseaux grossissent et les sentiers de fond de vallée retrouvent leur fraîcheur ;
  • en été, les Hautes-Chaumes s’animent avec l’estive, les myrtilles mûrissent et les crêtes offrent un refuge contre la chaleur des plaines ;
  • en automne, hêtraies et forêts mêlées prennent des teintes dorées, et les Bois Noirs se parent de couleurs vives autour de leurs sapinières ;
  • en hiver, la neige blanchit souvent les sommets du Forez, tandis que les balades de basse altitude autour de Thiers restent praticables par temps sec.

Sur place, quelques règles simples protègent des milieux fragiles. Sur les Hautes-Chaumes, un arrêté préfectoral interdit l’accès aux véhicules à moteur, sauf ayants droit et secours : laissez la voiture hors de la zone réglementée et terminez à pied. Restez sur les sentiers autour des tourbières, qui abritent de nombreuses espèces rares. Refermez les barrières, tenez votre chien en laisse près des troupeaux et remportez vos déchets.

Prochaine étape : choisissez une vallée proche de Thiers, la Durolle ou les Bois Noirs, pour une première demi-journée, puis gardez les Hautes-Chaumes pour une journée claire de fin d’été, quand l’estive bat son plein.